
Elle s'appelle Jeanne. Chiante, conne, inintéressante. On sait d'où elle tient ça, sa mère est une grognasse du même genre. Une mère qui me fait adOOOrer maman Mona. Par ce que maman Jeanne est du genre à lire le courrier de ses filles, à ranger leur chambre, à mépriser ceux qui n'ont pas de religion, à vanter sa fille auprès des autres pasque Mademoiselle a fait une grande école.
Au temps où je suivais les cours de catéchisme en vue de préparation à ma profession de foi (pour les cadeaux... soyons bien clair sur ce point, Mona et la religion, ça a toujours fait 4), maman Jeanne était celle qui me donnait des cours. Ce qui était un calvaire, puisque d'une part je trouvais cela d'un inintérêt total, d'autre part pasque je n'aimais pas sa fille, qui me le rendait bien, et j'ai eu droit à des remarques désobligeantes bourrées de sous-entendus pendant ces cours sectaires.
Mais le sujet, ce n'est pas maman Jeanne, c'est Jeanne. Je l'ai revue, l'année dernière, durant une réunion des anciens élèves de mon lycée. Toujours pareille. Toujours aussi péteuse, fringuée comme une petite bourgeoise avec son pantalon bien repassé et son chemisier blanc. Son sourire Colgate de faux cul qui s'étincelait quand elle disait quelles études elle faisait. Elle nous regardait avec mépris, avec une assurance déstabilisante. On l'avait à peine abordé que déjà elle nous demandait nos adresses mail. Nos adresses mail... pourquoi faire?
" Je suis fiancée, je me marie bientôt! Je voulais vous inviter à mon mariage!". Voilà, juste histoire de dire qu'elle va se marier, elle nous demande nos adresses mails, sachant très bien qu'elle ne nous invitera pas et que de toute façon, même si c'était le cas, on n'irait pas. Juste histoire de dire qu'elle a réussi à dégoter un copain capable de la supporter, qu'elle est en voie de réussir dans la vie puisque côté coeur, c'est merveilleux. Juste histoire de nous regarder de haut, parce qu'elle ne nous aime pas et que la vantardise est sa meilleure amie. Sur le coup, je me suis dit que c'était encore l'un de ses mensonges, surtout quand elle nous a dit que sa mère n'était pas encore au courant. Mais par la suite, ça s'est confirmé, Mademoiselle Jeanne se marie l'année prochaine.
Ca la regarde, si elle veut se marier à 22 ans, avoir un chemin tout tracé de bonne petite mère de famille et épouse modèle. C'est franchement pas une vie que j'aimerais mener. C'est peut-être ce qu'on pourrait appeler une réussite sociale, mais pour moi c'est une vie de petite bourgeoise qui vit dans le paraître. Ce que j'ai moins apprécié, c'est par la suite, son exacerbation à ce sujet. Nous étions toutes célibataires, et non contente de se sentir supérieure, elle a aussi commencé une phrase par "Quand tu auras un copain...".
A moi. Putain.
Sous entendu "Moi j'ai trouvé quelqu'un, toi t'as jamais plu". Rester calme. Surtout, rester calme. Qu'est-ce qu'elle connaît à ma vie sentimentale, cette conne? J'ai beau me lamenter sur mon triste sort, je ne crois pas me tromper en disant que j'ai certainement plusse plu qu'elle au cours de ma misérable vie. J'aurais pu lui dire que ce n'était pas pasque j'étais célibataire à ce moment-là que je n'avais jamais été en couple. J'aurais pu, mais elle m'a littéralement sciée, bloquée et fait suffoquer. Je l'aurais frappée si je n'avais pas eu peur de la transformer en pauvre petite martyr et passer pour la salope aux cheveux rouges, la grognasse qui fait de l'art au lieu de faire des grandes écoles, qui a choisi une voie de paumée et qui est vouée à un avenir de merde.
Un jour, je l'aurais ma revanche. Je jure que je l'aurais. Tous mes voeux de bonheur à sa future petite famille.
(Je ne résiste naturellement pas à mettre une photo d'elle où elle n'est pas à son avantage, et naturellement aussi, je ne prendrai pas la peine de retoucher ses boutons.)

D'ailleurs, puisqu'on parle de mariage... je hais les mariages. Surtout quand on y va tout ayant une vie sentimentale déplorable. D'aussi loin que je me souvienne, ça a toujours été un calvaire. Au moins, pendant les enterrements, on sait pourquoi on chiale. Pendant les mariages, moi aussi je chiale, mais c'est pas par émotion pour les mariés. Ce sont des vrais larmes de profonde détresse.
Au dernier mariage auquel j'ai assisté, celui d'une de mes cousines, j'avais eu mamie Mona derrière le dos. Elle me bassinait tous les jours jusqu'à la fameuse date fatidique, à propos de ce que je devais porter. J'ai un esprit de contradiction tel que j'ai fait exprès d'être mal habillée ce jour-là. J'avais des bottes miteuses, une jupe et un T-Shirt de tous les jours. Rien que parce que je hais les mariages, encore plus quand on m'emmerde sur ma façon de me comporter et ma façon de m'habiller. Du coup, j'étais mal fringuée, et j'assumais totalement. De toute façon, je ne me suis pas laissée prendre en photo. Mamie Mona m'a carrément dit que j'étais moche, et je me suis engueulée avec elle en lui faisant clairement comprendre que c'était de sa faute.
A l'église, je pleurais discrètement dans mon coin à me dire que le plus beau jour de ma vie, je ne l'aurais jamais. Non pas que je veuille me marier, mais parce que je suis dans un continuel état de déprime, et que voir les gens au comble du bonheur, et bien ça me rend malheureuse. Je suis égoïste, je sais.
Les discussions autour des tables sont toujours les mêmes, et se forcer à sympathiser avec des gens qu'on ne connaît pas et qu'on ne reverra plus, c'est chiant.
Par la suite, mon frangin a eu la mauvaise idée de se bourrer la gueule et surtout de dégueuler devant mes parents. Ils l'ont naturellement mal pris et l'ont traité de poivrot. Il était totalement saoul, et ils ont mis un terme à la soirée. A savoir que j'étais obligée de rentrer avec eux pour les conneries de cet abruti de frère, alors que après le mariage était prévu une superbe nuit camping et papotage avec une autre cousine que je vois tous les 36 du mois. Voilà, je me tape ce fichu mariage en attendant patiemment qu'il se termine pour profiter d'être là, mais non, c'est trop demander. Au final, après une belle crise de larmes, mes parents ont reconnu que je n'avais pas à pâtir du comportement de mon irresponsable d'andouille de frère.
Ceci dit, la nuit camping ne fut pas aussi belle que je l'aurais espérée. Mon matelas s'était dégonflé et je dormais sur le sol, et les discussions avec cousine Mona ne furent pas celles de notre ancienne complicité.
De ce fameux mariage, on retiendra deux choses : Mona était moche et frangin Mona était bourré. A nous deux, on a mis le paquet.
L'avant-dernier mariage, celui d'un de mes cousins, fut tout aussi mémorable dans le mauvais sens du terme. A ce moment-là, j'étais bien fringuée, mon frangin n'était pas saoul. J'aurais même presque cru pouvoir m'aguicher d'un militaire rien que pour la nuit. Tu parles, Charles.
Replaçons le contexte : Le cousin en question, je ne l'avais pas vu depuis peut être 10 ans. Ce côté là de la famille est la partie noire de l'arbre généalogique. Maman Mona a une dent contre l'un de ses frères (le père donc du marié). Ils vivent dans leur monde, l'armée, le paraître, l'égoïsme. Le mariage en question était un concentré de tout ce qu'on renie. On s'est même bien foutu de la gueule de toutes les nanas avec leurs chapeaux "en chambre". Un monde à part.
A notre table, c'était bourré de militaires. Et de militaires bourrés, aussi. Ils tenaient pour la plupart des propos qui nous paraissaient totalement aberrants. Malgré tout, j'avais plus ou moins sympathisé avec l'un deux. Il s'appelait Etienne je crois. J'étais fascinée par son monde totalement différent du mien. Sauf qu'il s'est barré après avoir un peu poussé sur la boisson et que je ne l'ai jamais revu.
Sinon pour la crise de larmes, elle a eu lieu lorsque maman Mona m'a engueulé parce que je restais sur la piste de danse malgré la musique qui gueulait. Problèmes d'oreilles, machin, toussa.
De ce fameux mariage on retiendra deux choses : Ce monde n'est pas le notre, on ne prendra même pas la peine de se déplacer au mariage de sa soeur, et les militaires, c'est tous des salauds.
Je passerai les détails sur les mariages de gens qu'on ne connaît même pas ("Je suis le frère de ton grand-père par alliance avec la cousine!" ... "Ah euh, enchantée, moi je suis la petite-fille de votre frère").
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours haï les mariages. J'ai toujours pleuré pendant les mariages. Et les mariages m'ont toujours rendu cette profonde rancoeur.

D'ailleurs, puisqu'on parle de frangin Mona bourré... Parlons aussi de la seule et unique cuite que Mona s'est prise. Je ne suis pas fan d'alcool. Un jus d'orange, ça me convient très bien. D'ailleurs, même avec un cocktail je commence déjà à me sentir bizarre.
Cette fameuse fois, j'étais à jeun, maman Mona venait de me textoser pour m'annoncer son état de santé, et on allait fêter la fin de l'année. Mis à part ça, je devais deux bières à Martin pour des paris idiots que j'avais naturellement perdus, mais lui m'en avait rendu une et on avait trinqué ensemble.
En tout, j'ai du boire deux ou trois bières, un ou deux vodka-pomme, deux smirnoff ice. Et j'ai fini bourrée. Avec si peu. :/
A ce qu'on m'a raconté, il ne s'est rien passé de salace ce soir-là. Par contre j'ai pleuré comme une madeleine dans les bras de diverses personnes, j'ai vomi deux fois et j'arrêtais pas de tenir les mêmes propos en boucle. Bref, mon statut de petite fille sage en a pris un coup. Mon crane, aussi.
Le plus cruel quand on est bourré, c'est quand même de ne rien se souvenir. Comment je suis passée de la cuisine à la chambre à coucher reste un grand mystère pour moi. On m'a dit qu'on m'a même foutu la tête dans le congélateur, pour me réveiller je crois. Les souvenirs que je garde sont flous, et j'ai eu peur de raconter des conneries. Heureusement pour moi, je me suis juste contentée de déclamer ma flamme et de réclamer un bisou à quelqu'un que je n'imaginerais en aucun cas dans mon lit (et, heureusement, il ne m'a pas écoutée... enfin, à ce qu'il m'a dit...).
J'ai été tentée de dire "plus jamais ça", mais il ne faut jamais dire jamais. Ceci dit, je ne me suis pas pris d'autres cuites depuis, et je veille à ne pas boire quand j'ai rien mangé...
Bon, en attendant le retour de mes z'aventures palpitantes (qui ne sauraient tarder pasque y'a du nouveau... eh eh), encore un p'tit coup d'exorcisation histoire de ne pas mettre Monsieur le prêtre au chômage.
Bordel, qu'est-ce que je fous là?
Ca, c'était ma phrase fétiche y'a quatre ans. Au cours de cette année scolaire 2003-2004, j'ai dû me le demander environ un demi-million de fois, avec quelques variantes, du style "Putain, mais casse-toi!", "Boudiou, mais qu'est-ce qu'il raconte?", "C'est pas possible, mais sont pas nets!", etc etc. Et je me dis que merde, la mentalité d'un artiste lambda c'est quand même particulier.
Replaçons le contexte : Je venais de passer, plus ou moins brillamment, mon bac scientifique (je dis plus ou moins pasque quand on voit mon carnet de notes, on flippe, mais j'ai quand même eu mon bac et avec mention, s'il vous plait). Voilà, déjà si vous avez bien compris, vous commencez à vous dire "Putain, mais qu'est-ce qu'elle foutait là?". Ouais, pasque faire S alors qu'on veut faire de l'art après, c'est nul. C'est sûr. Mais bon, je n'étais pas trop sûre de ce que je voulais faire après le, et on m'a dit de faire S, ça ouvrait les portes à tout. Comme une conne, j'avais écouté ces conseils, oh! combien débiles, qui m'avaient d'une part, contrainte à faire des maths, de la bio et de la physique alors que je suis plus littéraire (les notes de 1ère et Terminale en attestant), et d'autre part pasque du coup j'ai été amenée à faire cette fichue prépa.
Je ne dis pas qu'il n'y avait que des points négatifs. Pasque j'ai quand même appris à dessiner et que j'aimais ça, et aussi à voir le monde d'un autre regard. Passées les joies de voir mon coup de crayon s'améliorer (sauf en nu, j'ai jamais dépassé 4/20... ^^), analysons plus en profondeur l'environnement.
Les étudiants déjà. Tous plus vieux que moi. Ils avaient tous fait des BTS de communication machin, des bacs pro artistiques, des bidules dont je connaissais même pas l'existence. Et moi, du haut de mes 17 ans (ouais pasqu'en plus, j'ai sauté une classe...), avec mon super bac S (avec mention s'il vous plait), je me sentais comme une gamine qui voulait jouer dans la cour des grands. Je ne me sentais pas dans mon élément, j'étais l'intruse suprême. Ils aimaient aller voir des expos (j'ai une sainte horreur des musées), ils se trimballaient avec des monstruosités en guise de vêtements, ils faisaient des trucs bizarres en Expression visuelle et en Créativité (alors que moi, très terre à terre, je faisais des machins bien réalistes...), ils adulaient le Pop Art et les trucs abstraits (pas mon cas, vous aurez compris), etc...
Mondieumondieumondieu. Qu'est-ce que je foutais là? J'aurais pu passer une année pépère en "bonne" compagnie, sans
cet évènement qui a complètement gâché ma prépa. (D'un autre côté, j'aurais pu finir totalement pervertie... qui sait?).
Les profs. Certains avaient un look bizarre, mais bon en même temps c'est des artistes. Moi même, avec mes cheveux roux/rouges bizarroïdes, je suis mal placée pour critiquer. Bon.
M'enfin y'en avait quand même un habillé en cowboy, un autre avec une barbichette comme les pharaons et des tatouages partout...
Mais il y en a certains, c'était quand même des ravagés du ciboulot.
Prenons en exemple mon prof de Créativité. A la fin de l'année, il nous avait montré ses travaux. Euh, je vous donne un aperçu vite fait, à vous de juger (Je rappelle que sa spécialité est la créativité) :
- Boire l'eau d'un aquarium avec le poisson dedans -> Être malade et gerber (forcément, avec les rejets du poisson dans la flotte hein...), et tuer le poisson du coup. Pas pigé c'était quoi le truc créatif là-dedans.
- Emballer toutes ses affaires. Tout, tout, tout. Et les envoyer par la poste à des adresses prises au hasard -> Plus d'affaires, gros enrichissement de la Poste. Pas pigé non plus l'idée dégagée.
- Se filmer à moitié nu dans un champs en train de courir pendant 5 minutes. C'était à la suite d'une rupture sentimentale qu'il nous avait dit. Euh, ouais.
Bon, pour le reste, je m'en souviens plus, mais vous avez le ton. Ils étaient tous en admiration devant le travail de Monsieur prof de Créativité, et moi je me dandinais sur mon siège en me demandant s'il valait pas mieux que je m'invente une maladie pour quitter ce cours de malade.
[mode anecdote] D'ailleurs, faut quand même que je vous raconte l'un des travaux qu'il nous avait fait faire... histoire qui a failli se terminer au poste de police. Ouais carrément.
Le thème je ne sais plus ce que c'était. Ce dont je me souviens, c'est que moi j'avais fait un travail sur l'oeuf et la poule (celui qui est venu le premier etc...). Mais on s'en fou du sujet, l'important à retenir, c'est que le travail en question devait être "éphémère" et on devait le balancer... dans la Seine! En expliquant son travail devant la caméra (moi qui ai horreur des photos et des caméras en plus...).
On jetait nos trucs chacun son tour. Et ce qui devait arriver arriva... Des flics se sont ramenés au moment où l'un des élèves balançait son truc. Morceaux choisis :
- Nan, mais vous faites quoi là?
(Le prof) - De l'art!
- Vous vous foutez de ma gueule?
(Perso, j'étais de l'avis du flic, mais bon, manifestement, j'étais la seule)
- C'est un travail de créativité!
- Ah ouais, polluer la Seine, c'est créatif?!
(Mona à moitié mdr)
Le flic a pris la carte d'identité de celui qui c'était fait chopper et commençait à appeler du renfort.
Bon au final, la chute est nulle, il y a eu quelques négociations et on s'est tous barré. Dommage... [/mode anecdote]
Celui avec qui je m'entendais le mieux, c'était mon prof de Volume. D'une part, parce que j'aimais bien ce cours et je me débrouillais bien ; D'autre part, parce que Monsieur prof de Volume était à peu près la seule personne qui me paraissait terre à terre. En tout cas, s'il y a une personne qui aurait pu me manquer en quittant la prépa, c'est bien lui.
C'est ça qui est nul avec les artistes. Il faut toujours que quelque chose veuille dire quelque chose. On peut pas faire du joli, y'a forcément quelque chose derrière... Si vous avez vu "Six feet under", ben ce que fait Claire, c'est tout à fait ça. Je ne critique pas cette mentalité, simplement je ne la comprend pas.
Bref... Qu'est-ce que je foutais là?
C'est ce que j'ai craint quand je suis arrivée dans mon école de 3D, qu'ils aient tous une mentalité d'artiste et que je me sente encore en décalage. Et en fait ben non... Je me trouvais enfin dans mon élément...
En exclusivité et spécialement pour vous, j'ai griffonné un truc moche inédit pour illustrer ce billet. Merci Mona, on t'aime.
Bon, comme vous l'avez sûrement deviné, ma vie est toujours aussi nulle et sans saveur. Du coup, je me fais une petite cure d'exorcisations (après tout, il est fait pour ça ce blog à la base).
Musique de circonstance : Les Wriggles - Plouf!
Avec un titre et une musique pareils, vous devez deviner le sujet d'aujourd'hui...

J'avais des cours de piscine à l'école en primaire. Je nageais comme un fer à repasser (si l'on peut appeler mes doux coulages de la nage), et j'étais tout naturellement dans les groupes des pingouins (le plus nul quoi). J'avais une phobie de l'eau, et les maîtres nageur étaient tellement pas doués que ce n'est pas allé en s'améliorant.
En 6ème, c'était piscine obligatoire. Bien évidemment, j'étais la seule à ne pas savoir nager. Je me souviendrais toujours (hélas) du premier jour avec notre prof de natation qui nous avait demandé qui ne savait pas nager. Personne n'a levé la main, j'avais pas osé le faire... J'étais donc la seule à avoir des bouées et à barboter en priant le Dieu de la piscine que le calvaire soit bientôt fini. Bizarrement, c'était toujours là d'ailleurs que j'attrapais d'innombrables crampes. J'ai même failli me noyer une fois à cause de ça...
Bref, à la fin de l'année, si je me souviens bien, je savais à peu près nager. En tout cas, je n'avais plus mes bouées.
Les années ont passé, au cours desquelles je n'ai naturellement pas remis les pieds dans ce lieu javellisé. En 3ème, l'école avait organisé un séjour sportif. J'avais choisi Catamaran/Raquettes (ça marchait par paires). Le problème, c'est que pour faire catamaran, il fallait un brevet nage 50m. Putain.
Je suis donc allée avec deux autres copines à la piscine dans le but de passer ce foutu brevet. Vous vous doutez bien (sinon l'histoire n'aurait pas d'intérêt) que je l'ai lamentablement foiré. Mes parents m'ont récupérée en larmes. Forcément, quand à 13 ans, on ne sait toujours pas nager...
Par la suite, j'ai tenté habilement de changer d'activités, en prétextant que finalement j'avais changé d'avis. C'est là que maman Mona intervient (à qui je ne pardonnerai jamais ce coup là) qui a carrément dit à mon prof de sport que c'était parce que j'avais foiré mon brevet. Merci maman, j'apprécie... :/
Finalement, j'ai choisi VTT/Tir à l'arc. Et c'est là que Monsieur prof d'EPS intervient. Je l'ai toujours détesté celui-là, ben il a tout fait pour. Il refusait de me faire faire du VTT.
Je vous remets dans le contexte quand même : Depuis la 6ème, j'étais dispensée des sports collectifs, rapport à mes problèmes d'audition, ballon sur la tête, ça peut provoquer surdité nya nya nya toussa (d'ailleurs, j'ai été dispensée de sport au bac, et ça tombe bien vu les notes de merde que je me suis toujours tapé...)... Et donc Monsieur Prof d'EPS a rien trouvé de mieux à faire que de me priver de VTT, prétextant que je pouvais tomber. Putain. Si je peux plus faire de vélo maintenant...
J'ai toujours détesté le sport (et le Dieu du sport me le rendait bien), et manifestement rien ni personne n'avait l'intention de me faire changer d'avis.
Je n'ai pas cherché à me défendre. Je haïssais Monsieur prof d'EPS, le sport, et la semaine sportive qui s'annonçait.
Naturellement, il a fallu me trouver une autre activité. Du coup, on m'a fait une faveur (disaient-ils) et ils m'ont accordé de faire deux activités qui ne marchaient pas par paire. Sauf qu'il fallait des activités qui puissent concorder. Du coup, je n'ai pas choisi, mais on m'a imposé la course d'orientation.
Merci, les gars, franchement...
Bon, pour résumer, le tir à l'arc, c'est cool (d'ailleurs je me débrouillais bien), la course d'orientation, c'est de la merde. La preuve, je n'ai toujours pas le sens d'orientation, donc on ne peut pas dire que ce fut très bénéfique.
Monsieur prof d'EPS a eu sa photo ensorcelée par tous les rites sataniques existants (faudrait que je ponde un article sur Monsieur prof d'EPS, il m'en a fait voir de toutes les couleurs ce gros naze), et maman Mona a eu droit à de belles critiques de ma part. Depuis, elle se dit responsable du fait que je ne savais pas nager parce qu'on allait jamais à la mer en vacances.
Bref. Après ce fâcheux incident, il a quand même fallu que je fasse quelque chose. Tous les dimanches, je suis allée à la piscine avec papa Mona, et celui-ci m'apprenait à nager. Je passerai les souvenirs noirs qui datent de cette époque (y'a des limites à l'exorcisation quand même). Ceci dit, l'essentiel à retenir c'est que j'ai appris à nager. Bon, je sais toujours pas nager le crawl, mais je suis capable de faire une vingtaine de longueurs de piscine en brasse ou sur le dos sans avoir à appeler à l'aide. Et je n'ai plus une sainte horreur de l'eau. Quand je suis à la mer, quelque soit le temps, faut que j'aille me baigner.
Et du coup, depuis, (presque) tous les dimanches, je vais à la piscine. Et je regarde avec un air sadique tous ceux qui apprennent à nager. Parce qu'un jour, je fus comme eux.

(Image piquée là, je ne sais pas ce que ça fait une fois les points reliés, je vous laisse vous amuser!)
Musique de circonstance : Bambino (BO "OSS 117")Sinon je n'ai pas pour habitude de faire de la pub, mais écoutez etachetez "Mozart l'Egyptien", sinon je vous en voudrai toute votre vie. :pDommage, je n'ai pas trouvé de MP3 sur Radioblog, Blogmusik et compagnie, sinon
je me serais fait une joie de le mettre en musique de circonstance... :'(
Un autre qui aurait pu servir de musique de circonstance, c'est la
BO de "Belphégor", mais là aussi introuvable sur Radioblog etc...
Bref. Bon, c'est reparti dans les exorcisations... Je me dis quelque part que je suis un peu maso, étant donné que j'ai quand même déterré des trucs à moitiés exorcisés pour pondre ce billet.
Ca faisait un bout de temps que je voulais aller en Egypte. Faire un petit tour en chameau, visiter les pyramides, rencontrer quelques momies. En 2002, mes parents m'ont proposé un voyage là-bas. Naturellement, j'ai été super contente et j'avais hâte d'y être. Rappelons que j'avais 16 ans, et que c'était le début d'une longue crise existentielle (qui, si vous suivez bien, ne s'est toujours pas terminée).
Première erreur. On ne part pas en Egypte avec ses parents. Surtout quand on est dans une crise existentielle comparable à une crise d'adolescence. Surtout quand on a décidé de faire chier le monde et qu'on se sent mal dans sa peau.
Le voyage commençait pourtant bien. Je me souviens qu'on avait un pilote hors norme qui avait décidé de rendre le voyage moins monotone et faisait de l'humour histoire de détendre l'atmosphère.
Morceaux choisis (ça sert les carnets de voyage...) :"La reine Néfertiti est aux commandes"."Les masques à oxygène tombent. Tzoiiing! Gardez le sourire, mettez-le et respirez calmement.""Si votre gilet de sauvetage ne se gonfle pas, vous n'avez vraiment pas de chance.""Le commandant de bord et toutes ses momies vous souhaitent un agréable voyage"."Nous mettrons 4H58 minutes et 16,2 secondes"."Il fait un froid intergalactique." [on est en Egypte, je rappelle]"La navette spatiale va se poser."

Hop, pause photo! Un extrait de ce qu'il reste de mon carnet de voyage (inondation, toussa)... Et encore, celui-là n'est pas le plus abîmé, il y a encore des pages lisibles...Le voyage s'était plus ou moins bien passé. Mis à part que dormir dans un avion, c'est pas top. Et débarquer à 5H du mat tout ensommeillé, sachant que les visites commencent le jour même, ça n'enchante pas.
On arrive donc sur le bateau de croisière. J'ai la chambre 328.
Deuxième erreur. Je suis
superstitieuse, rappelons-le. Avoir une chambre dont le total fait 13, c'est moyen. Ca ne prédit rien de bon.
Visites, machin, toussa, maman Mona malade, toujours pas de pyramides, chaleur à crever, putain j'ai soif, bordel j'en ai marre de marcher, de l'eau pitiéééé, Egyptien qui évente maman Mona et qui nous demande des sous après, je vais mouriiiir...
Il faut savoir qu'à l'époque, j'étais encore bien plus complexée que maintenant, et que montrer mes jambes était même pas envisageable ne serait-ce qu'en rêve. Du coup, je me trimballais en jean.
40°C à l'ombre. Mona en jean.
Troisième erreur. On ne se balade pas en jean en Egypte. En tout cas pas de jour à 50°C. Sauf si vous aimez souffrir. On met des machins courts, quitte à montrer ses gros mollets et ses cicatrices.
Et sinon le soir, il ne fait pas 50°C, il fait même pas 20°C. Eviter de sortir en petit débardeur, et penser au gros pull. Ne pas rire à la tête du guide quand il vous dit qu'on va cailler.
Le soir, j'avais pris une bonne douche froide salvatrice. Un homme de ménage a choisi de rentrer à ce moment. Mona, à moitié à poil. Putain.
Quatrième erreur. On emmerde pas une Mona, alors pure et innocente, qui sort de la douche.
Ce fut le début d'une longue exaspération à l'égard des Egyptiens qui passaient le plus clair de leur temps, soit à demander des sous, soit à draguer. Je me souviens que je m'étais baladée dans un souk, et qu'un Egyptien a absolument tenu à me maquiller. C'était sympathique. Mais ça l'était un peu moins qu'il se colle à moi en me maquillant, en faisait bouger son entrejambe contre la mienne. Surtout quand on est pure et innocente. Oui, parce que non content de s'être collé à moi, il a en plus réclamé des sous. Et vouloir m'échanger contre des chameaux, ça va cinq minutes. A la longue, c'est plus marrant.
A cette époque, j'avais de gros problèmes relationnels. J'en ai toujours, mais à ce moment-là, c'était pire. J'ai passé le plus clair de mon temps toute seule au lieu de lier connaissance avec les autres.
Cinquième erreur. On n'engage pas la conversation avec quelqu'un en lui disant "T'as une feuille, là" et en montrant l'épaule du quelqu'un en question. En tout cas, faut pas se limiter à ça et continuer la parlotte.
Mondieumondieumondieu.
La chaleur, la fatigue, la clim à fond sur le bateau. Ce qui devait arriver arriva. Mona attrapa la turista. Pour ceux qui ont eu le bonheur de ne jamais l'avoir, je résume : On a une chiasse liquide et en même temps on vomit. Ce qui fait que quoiqu'on fasse, il y aura toujours quelque chose à nettoyer. (De rien pour les détails).
Sixième erreur. Quand docteur maman Mona dit de prendre tel médicament, on ne discute pas, et on en prend sans broncher. Mais j'étais en pleine crise existentielle, fuck tout le monde, laissez-moi souffrir en paix. Non, je ne prendrai pas ton médicament. Et quand un asiatique qui était dans le même voyage organisé et qui nous voit au plus mal, nous donne un médicament, on doit le refuser. Mais je voulais bien envoyer chier maman Mona, mais pas le petit asiatique qui se préoccupait de ma santé. J'ai avalé le médicament de l'asiatique. Mais pas celui de maman Mona. Et maman Mona l'a mal pris. Qui peut l'en blâmer, hein? Pardon, maman. L'asiatique m'a aussi donné du baume du tigre. Ce truc est un produit miracle, ne partez jamais en voyage sans en avoir sur vous.
Qui dit turista, dit aller aux chiottes régulièrement.
Septième erreur. On ne part pas en Egypte sans avoir au moins deux rouleaux de PQ dans son sac. J'aurais jamais cru chérir à ce point du PQ et vouer un culte au Dieu du papier hygiénique, mais je vous assure que ça et l'eau étaient mes principales préoccupations. A l'hôtel, c'était la dèche. J'ai piqué le PQ dans la chambre de papa et maman Mona, j'ai dévalisé serviettes, mouchoirs et tout ce qui pouvait me servir de PQ. Je donnais pleins de sous aux Egyptiens qui donnaient du PQ à l'entrée des chiottes pour qu'ils me donnent plusse que une feuille. Le PQ, c'était sacré. On touche à mon PQ, je mords.
Qui dit chaleur, dit aussi water. (Admirez la rime au passage).
Huitième erreur. Quand on meurt de soif, on ne boit pas de coca, même s'il est frais. Le coca, c'est bien quand on est malade, pas quand on est déshydraté. Ne pas boire non plus d'eau pas fraîche, l'eau chaude, ça fait vomir.
Nous sommes allés ensuite dans une autre partie d'Egypte. Déménagement dans un hôtel. Le lit était dur, il y avait du bruit, il n'y avait pas de douche, juste une baignoire pourrie, le lavabo fuyait. Bon, j'avais la chambre 401. Ca ne pouvait qu'aller mieux. Tu parles, Charles.
Neuvième erreur. L'appel de la prière. Tôt, le matin. Turista, fatigue. Je les ai tous maudit sur cinquante générations. Et je crois qu'Allah ou je ne sais qui l'a mal pris et a décidé de m'en faire voir de toutes les couleurs. (Oui, parce que jusque là, c'était encore que les couleurs primaires).
Visite de pyramides etc.
Dixième erreur. Quand on va en Egypte, on visite tout SAUF des pyramides. Les pyramides, on les regarde en carte postale. On rêve de bel explorateur avec qui ont part à la chasse aux momies. On lit des bouquins sur les pyramides. On regarde des films sur les pyramides. Mais on ne visite pas une pyramide. Parce que c'est décevant. On les croirait en plein désert, alors qu'elles sont à la périphérie des villes. Et il n'y a rien à voir. Elles se ressemblent toutes. On s'imagine à des trucs grandioses, et en fait, ben voilà quoi.
Onzième erreur. L'Egypte, c'est trop touristique. C'est invivable. Moi qui suis une adepte des coins paumés où y'a personne, je dois dire que l'Egypte n'est pas tellement le pays adapté. Il fallait s'y attendre, mais bon à ce point quand même...
Douzième erreur. En plus, je n'ai même pas fait de petit tour en chameau. Vous me direz, ça aura évité l'erreur du style "Ca fait mal au cul", "Je me suis rétamée par terre" etc...
Conclusion : J'ai sûrement oublié des trucs, mais vous avez le ton. J'étais vraiment vraiment très déçue du voyage. Même en mettant de côté mes déboires intestinaux, je m'attendais à des trucs beaucoup plus grandioses que ce qu'on voit en photo.
Plus jamais ça. Sauf si c'est pour tourner dans un film avec
Ryan Gosling dans le rôle de l'explorateur. Et encore, faut négocier dur.
Quand je relis mon article, je me dis qu'il y a de quoi rire, mais je vous assure qu'à l'époque, j'avais envie de tout (surtout de PQ), sauf de rire. Je garde quelques bons souvenirs quand même, j'ai des zolies photos (du moins ce qu'il en reste, inondation, toussa...), mais globalement, c'était du beau négatif.

1. Mona en jean... Je ne vous mentais pas! (Pour le truc bizarre sur ma tête,
c'est les égouts, je n'ai rien cherché à cacher).
2. "Le Temple d'Abou Simbel", peint par David Roberts. L'un des rares bons souvenirs
de mon voyage. (Ici pour voir en grand pasque ça claque).
3. Des chameaux (ou dromadaires, je ne sais pas trop s'ils ont deux bosses sur la photo)
qui se dorent la pilule en me narguant (pour le machin violet bizarre, c'est les égouts aussi).
Sinon, rien à voir. Enfin, si un peu quand même, vous comprendrez...
Lors d'un de mes stages de musique (faudrait que je rédige un billet entier à ce sujet), j'avais fait la connaissance de Monsieur et Madame L, qui dirigeaient le stage. Madame L était une vraie peau de vache. Une bonne prof, mais qui était dure et avait fait pleurer de nombreux élèves (dont moi). Monsieur L, lui, s'occupait des trucs administratifs. Il se trouvait que je partageais ma chambre avec une fille dont la mère était très amie avec Monsieur et Madame L.
A mes 18 ans, j'avais invité la fille en question. Et puis, naturellement, on en est venu à parler de Monsieur et Madame L. Je lui ai demandé si elle avait de leurs nouvelles. Il s'avère que Monsieur et Madame L étaient dans le fameux
crash de Charm el-Cheickh. Du coup, Madame L m'est parue beaucoup plus sympathique qu'avant.
(C'était juste histoire de placer une anecdote pourrie pour clore l'article).
Edit : Bon, j'ai l'explication du pourquoi le voyage était pourri... Mon fidèle carnet de voyage me dit qu'on est parti le 13 au soir. L'avion aurait eu 46 minutes de retard mon voyage aurait été merveilleux et les pyramides grandioses :p
* S'enfuit avant de se recevoir une tong sur la gueule *
Bon, j'vous laisse, j'vais manger des
Chocapic loukoums.
(J'aime toujours autant mes titres foireux qui attirent les pervers en tout genre)
Ca fait longtemps que je n'ai pas exorcisé de vieux trucs ignobles de mon passé. Allez, hop, une p'tite anecdote qui date de l'époque de mon bac de français. Ouais, ça date un peu quand même.
A cette époque, j'étais jeune et en bonne santé (ce qui ne veut pas dire que je suis vieille et malade, n'allez pas interpréter). Je ne m'étais jamais faite opérer. Bref l'insouciance totale du haut de mes 16 ans.
Une semaine avant mon oral de français, j'avais découvert qu'un truc clochait. Le truc se trouvait particulièrement mal placé. Deux jours avant mon oral, ça avait empiré, et ça commençait à faire mal. Il a bien fallu que je me décide à en parler à maman Mona.
Le truc en question se trouvait sur des parties gynécologiques, et déjà c'était pas fait pour me rassurer. A l'époque, j'étais super pudique, et même devant ma mère, ça me gênait de me mettre à poil. Depuis, ça me gêne toujours devant maman Mona, mais je peux faire du naturisme ou poser nue comme modèle sans problème.
Donc, Docteur maman Mona regarde, mais la gynécologie, c'est pas son domaine (les oreilles, bordel!). Du coup, elle appelle sa gynéco (qui est mon actuelle) et lui décrit les symptômes.
Le verdict tombe :
bartholinite (elle est quand même douée, ma gynéco!). Pour ceux qui ont la flemme de se cultiver, je vais résumer : C'est une infection des glandes de Bartholin, ces dernières étant nécessaires pour sécrétion de liquide vaginal (en gros pour pas avoir mal quand un espèce de gros machin non identifié vient perturber votre flore vaginale) (si vous avez pas compris, désolée je peux rien pour vous).
Comment ça se soigne? Chirurgie.
Mondieumondieumondieu.
Le lendemain, veille du bac de français donc, j'avais tellement mal qu'il a fallu m'emmener à l'hosto. Horrible. J'avais un gynéco mâle (bordel, j'étais pure et innocente à l'époque, pudique comme pas possible, et complexée à souhait!) qui me lorgnait les parties, entouré d'une ribambelle d'étudiants. Aucun tact le mec, c'était à me dégoûter des gynécos à vie tellement il avait été exécrable et n'avait pas préservé mon intimité. Je veux bien que les étudiants apprennent, mais faudrait quand même ménager les patients.
(Faudra m'expliquer au passage comment ça se fait qu'il puisse exister des gynécos hommes, est-ce des pervers, des allumés?)
Je me souviens que j'ai pleuré, alors que je m'étais promis de ne pas le faire. C'était trop d'un seul coup. Moi qui me vantais de n'avoir jamais été opérée, ça commençait mal. En plus, on me disait que j'étais trop jeune pour attraper cette saloperie.
Bon, je ne décrirai pas les détails de l'opération toussa...
A noter juste que je sortais de l'hôpital le jour du bac. J'étais dans le coltard, je devais m'asseoir sur une bouée (on rigole pas!), et je n'étais pas prête pour mon oral. Maman Mona avait bien tenté de me lire mes fiches de français quand j'étais à l'hôpital, mais j'étais à moitié assommée par les médicaments, donc ce fut un peu inutile. Mes parents avaient quand même réussi à décaler mon oral à lundi (on était vendredi).
Sauf que lundi je ne me sentais pas tellement mieux. J'ai eu la chance de tomber sur un examinateur cool qui m'a mis 14 alors que j'avais fait un truc nul. Faut dire que j'en avais rajouté et que j'étais pâle comme un linge. Mais bon, comme je m'étais fait brimer à l'écrit et que je ne méritais pas la sale note que je m'étais payée (7... à moi, quand même!), ça compensait.
Bref. Je passerai le détail des visites de l'infirmière qui me faisait mes désinfections quotidiennes.
Quelques mois plus tard, retour à l'hosto. Il fallait m'enlever la glande de Bartholin infectieuse parce qu'il y avait des risques de réinfection. Toujours le même tact habituel des médecins. Toujours des ribambelles d'étudiants auxquels j'avais envie de dévisser la tête. Toujours les mêmes questions à la con.
Rien de bien particulier à raconter, sauf peut être que mon réveil en salle de réveil s'est relativement mal passé. Pour les détails, je ne m'en souviens plus. J'avais raconté tout en détail au
batracien à une époque, mais je n'ai pas envie de relire mes mails parce que c'est pas le genre de trucs dont on aime se souvenir.
Sinon, pour une autre anecdote, racontée par maman Mona. Lorsqu'elle était étudiante, elle avait déjà assisté à un manque de tact d'un des ses professeurs qui exposait à ses élèves une maladie de peau d'une adolescente. Sans aucune gêne, il exhibait la poitrine de la patiente à ses étudiants, et la gamine tentait tant bien que mal de remonter le drap sur elle. Le prof rabaissait le drap à chaque fois, laissant la pauvre fille tétanisée. En tout cas, ça avait aussi marqué maman Mona puisqu'elle s'en souvient encore.
Mais bon, tout ça pour énoncer aussi une triste réalité qui j'espère vous fera réagir, Mesdemoiselles et Mesdames. Une réalité que je tiens de source sûre. Enfin, vous êtes sûrement déjà au courant, mais vous n'avez peut être pas encore réalisé l'étendue des dégâts.
Nous serons bientôt en pénurie de gynécos. Et ça c'est le drame. Messieurs les ministres de la santé (enfin je dis eux, mais je sais pas trop qui est responsable de ça, en tout cas c'est des mecs, ça c'est évident) ont jugé que les gynécos étaient inutiles, et dans 10-15 ans il n'y en aura plus. Parce qu'il n'y en a pas de nouveaux qui ont été formés. Ce qui voudra dire que les femmes devront aller à l'hosto, voir des pseudo-gynécos qui voient des femmes à la chaîne et cette relation privilégiée gynéco-patient n'existera plus. Ce sera plusse qu'une contrainte d'aller chez le gynéco. Je sais pas pour vous, mais moi j'ai une gynéco sensationnelle à l'écoute, qui ne fait pas de forcing, attentive à souhait.
Comme dit maman Mona, de nombreuses femmes arrêteront d'aller consulter, et il y aura une recrue d'essence de cancers mal placés qui auraient pu être évités dans le cas contraire. Et là les gynécos réapparaîtront, mais ce sera trop tard. Et ayant testé les gynécos dans les hôpitaux, je peux vous affirmer que quand la mienne sera à la retraite, c'est pas tous les 6 mois que je ferrai un contrôle... C'est con à dire, quand même.
Enfin, je parle des gynécos, mais c'est tous les médecins. Ils ne forment plus que des médecins-chirurgiens, et plus de spécialistes. Finis les ORL, dermato, gynéco etc... ce sera le généraliste qui fera tout...
Je veux dire, c'est un drame. Mais pour les gynécos, c'est plus qu'une abération, là.
C'était mon coup de gueule du soir, au milieu d'une exorcisation, et aussi un profond soupir de soupiration pour les années à venir...
Hop, si vous voulez vous documenter, y'a
ça qui est pas mal. Mais je vous force pas, hein!
(Et mon billet se passera d'illustration pour une fois, remerciez-moi! J'aurais pu trouver, rien qu'à taper "bartholinite" dans Google, ça donne des frissons dans le dos!)