[Désolée, Brigitte, malgré le titre prometteur, ce n'est toujours pas l'article sur la grognasse blonde!]
La lourde porte grince alors que nous entrons dans la vieille bicoque. Il fait sombre là-dedans, nos yeux peinent à s'habituer à l'obscurité. Je crois qu'il y a des flambeaux dans le couloir, mais quoiqu'il en soit, ils ne suffisent pas à illuminer les lieux. Quelqu'un allume la lumière, et les galeries s'éclairent progressivement. Dans un éclair de lucidité, je beugle quelque chose comme "Putain, connard, mais éteint les lumières on va nous voir!". Le geste se joint à la parole, et de nouveau tout retombe dans les ténèbres. J'imagine que c'est trop tard, on a du repérer notre présence de l'extérieur.
Des torches électriques surgissent miraculeusement de nos poches, et on les allume. L'éclairage est faible et ce n'est pas fait pour nous rassurer. La baraque est immense, les plafonds sont très hauts et les couloirs longs et interminables. On se croirait dans un château. C'est sûrement une maison de riches, rien qu'à voir la décoration à l'ancienne et tous les objets qui s'y trouvent.
On erre, ça et là, à la recherche d'une quelconque âme vivante, ne serait-ce qu'un chat. Mais tout est silencieux. On ferme tous les volets, et on bloque toutes les portes du rez-de-chaussée. Je crois que quelqu'un allume un feu dans la cheminée du salon, et voir la pièce s'illuminer nous apaise. On discute de ce qu'on doit faire maintenant. Se planquer est la solution qui s'avère nous être commune.
On finit par monter les lourds escaliers qui mènent à l'étage. Une désagréable odeur flotte dans l'air, et se fait de plus en plus persistante. Nos pas ralentissent, nous nous préparons psychologiquement à devoir fuir, mais nous continuons à avancer vers la chambre du fond. Je pousse la porte entrouverte. La puanteur est à son comble. Au premier plan, je vois une blonde étendue sur un lit. Elle a les cheveux à moitié détachés de sa tête. Elle est vêtue à l'ancienne, avec une longue robe blanche du XIXème siècle. Je m'approche, et je vois un corps en pleine décomposition. Un teint verdâtre, un rictus horrible sur son visage, et ses vêtements sont sales et recouverts de terre. Comme si on l'avait déterrée. Elle a un trou marqué par un pistolet sur le front. Elle s'est suicidée, ou alors ce qui nous traque au dehors l'a tuée.
Je devrais ressentir du dégoût, avoir peur ou quelque chose comme ça, mais non. Je lève la tête, et j'explore les lieux du regard. Il n'y a là que des corps étendus, du sang partout et leurs teints cadavériques suffisent à expliquer la pestilence. Ils sont tous habillés à l'ancienne. C'est quoi ce bordel? Une secte? Un bond dans le temps?
Quelqu'un murmure "Fichons le camp d'ici". Ou alors on décide d'élire domicile ici et de se cacher parmi les macchabées.
Quoiqu'il en soit, des bruits se font entendre au rez-de-chaussée, et nous sortons de notre torpeur. Ce qui suit est un véritable bordel. On descend et on se cache derrière le mobilier et certains mêmes se glissent dans les tiroirs. Je n'aurais jamais cru qu'on puisse se faufiler dans un si petit endroit... Je me dissimule derrière un meuble aussi haut qu'un bureau. On va me voir, c'est sûr. Puis des pas résonnent, et je vois la silhouette de la blonde qui descend les escaliers, suivit d'une armée de ceux qu'on croyait morts.
Putain de bordel de merde. On ne sait plus qui fuir finalement. Ces zombies putréfiés ou ceux qui nous ont forcés à nous enfermer ici?
Le silence revient. Les morts-vivants s'arrêtent et l'un des nouveaux arrivants extirpe l'un de mes compagnons d'infortunes de sa cachette. On dirait Westmoreland de "Prison Break" (Excusez mes références cinématographiques, je ne vois personne d'autre pour le décrire...). Apparemment, c'est lui qu'ils cherchent.
Au final, je ne sais pas ce qu'on était venus foutre ici, ni qui on fuyait, puisque j'ai choisi de me réveiller à ce moment là. J'avais la vision de la blonde en dégénérescence ce qui, avouons-le, est une charmante vision pour commencer une journée.
Mine de rien, j'ai trouvé ce rêve super apaisant et j'ai essayé de le poursuivre, sans succès. P'tetre pasque la fille était blonde, et non arborant une magnifique crinière rousse... :)
Je vous jure, mon psy ferait fortune avec moi.
[Et j'inaugure une nouvelle catégorie avec cet article...]
Musique de semi-circonstance (si, si!) :
Goran Bregovic & Iggy Pop - In the deathcar (BO "Arizona Dream")
Je vais finir par faire une catégorie "Rêves outremeriens" si ça continue pasqu'il m'arrive de ces trucs la nuit, des fois, nan mais j'vous jure...
Je suis à nouveau rentrée dans ma phase où je ne me souviens plus de mes rêves. Je dors beaucoup (trop), je suis toujours crevée, je me réveille toujours avec quelques larmes au coin des yeux. Mais à présent, il y a un nouveau truc qui revient sans cesse, assez pour que je commence à me poser des questions.
L'unique élément dont je me souviens, c'est de rêver d'avoir soif. J'ai beau boire, reboire, dévaliser les bouteilles d'eau à Auchan et boire tout le contenu, j'ai toujours soif. Ce qu'il arrive, c'est que je me réveille, et que je me lève pour aller boire.
Alors je me suis demandée quand même "Mais c'est quoi ce rêve chelou que je fais encore?!". Et me voilà à parcourir les sites sur les significations des rêves.
Et ils se contredisent tous. Je sais bien que hors contexte, faut pas demander la lune, mais bon, hein. Zut.
1) Avoir soif : Une phase de difficultés se termine enfin si vous rêvez d’avoir soif sans pourtant parvenir à vous désaltérer.
2) Avoir soif : Ennuis divers.
3) Avoir soif : Chagrins, inquiétudes, malheurs.
Se désaltérer avec de l'eau fraîche : Biens honnêtement acquis, richesses ou joie.
Si l'on ne s'est pas désaltéré : Insuccès complet.
4) Boire de l'eau : Aide dans une situation dangereuse.
Boire de l'eau froide : Bonheur.
Quand on a soif, ils sont à peu près d'accord pour dire que j'ai des soucis. Sur ce point là, je plussoie. Mais alors après, ils déraillent complètement... Pour certains boire sans pouvoir s'arrêter signifie le succès, et pour d'autre l'insuccès total.
Bref, encore une histoire non résolue sur mon psychique tordu.
Sur ce, j'vais aller boire un coup... -_-
J'ai failli mettre en titre "désastre capillaire", mais le maraboutage est juste un prétexte pour faire un peu de pub à
ce truc qui, quand même, est obligé de vous arracher un sourire (sinon z'êtes qu'une bande d'insensibles).

Mais que ce soit maraboutage ou désastre, le résultat est le même.
J'ai fait un rêve bizarre cette nuit (tant mieux, me direz-vous, au moins je sais que c'était un rêve). Je m'étais coloré les cheveux en bleu-blanc-rouge spécialement pour le rugby (alors que le rugby et moi, ça fait environ 18, et limite j'aurais même pas connu les résultats si j'avais pas des merveilleux amis qui me tiennent au courant en pleurant). C'était moche, il faut le reconnaître. Mais moi, j'étais contente. Ma crinière de feu, habituellement rousse-rouge-soyeuse-merveilleuse-magnifique était devenue une espèce de coiffure patriotique, genre "J'aime mon pays (et le président qui va avec)".
Ce fut un bonheur ce matin de constater que non, je n'avais pas abusé de breuvage aphrodisiaque ni n'avais fait joujou avec quelques dosages de coloration. Toujours aussi capillotractée que d'habitude, j'étais presque contente ce matin, tiens.
Et puis j'ai regardé de plus prêt pour admirer ces belles racines toutes moches qui me font dire qu'il est temps pour ma crinière de recevoir des soins intensifs. Je suis donc allée dans la salle de bain, à moitié endormie. J'ai attrapé les gants de chirurgien que maman Mona me ramène du boulot et hop, c'est parti.
Il y avait quelque chose qui clochait, c'est net. Pourquoi donc cette putain de mousse était anormalement foncée? J'ai pris la bouteille, j'ai parcouru lentement ce qu'il y avait d'écrit. Et j'ai failli faire une syncope.
"Capri blue". Au lieu d'un truc du style "Beautiful red".
Je suis allée me rincer en vitesse, avant d'avoir un drapeau français dans les cheveux. Et puis j'ai gueulé auprès de maman Mona, parce que sa coloration bleue n'avait rien à foutre à côté de mes colorations.
J'ai attendu, que ça sèche, que ça passe. Et je me suis regardée dans la glace avec un air d'effroi, et mon reflet poussait un hurlement (moi aussi d'ailleurs). Il manquait plus que le blanc et je pouvais revendiquer ma nationalité française (sans avoir à passer de tests ADN). Quand je dis que mes rêves ne sont pas aussi tordus qu'ils en ont l'air...
Et c'est là que les miracles de la vie ont opéré : Je me suis réveillée. Le vrai réveil. Pas le réveil dans le rêve qui est en fait un rêve.
Ce fut un bonheur ce matin de constater que non, je n'avais pas abusé de breuvage aphrodisiaque ni n'avais fait joujou avec quelques dosages de coloration. Toujours aussi capillotractée que d'habitude, j'étais presque contente ce matin, tiens.
Et puis j'ai regardé de plus prêt pour admirer ces belles racines toutes moches qui me font dire qu'il est temps pour ma crinière de recevoir des soins intensifs.
Ouais, ben ça attendra, hein.
Je commence par synthèse de réponse rapide à vos commentaires sur mon premier post sur
mes folies nocturnes.
Le problème, c'est que je ne peux pas exorciser par la parole, parce que justement je ne peux pas y mettre des mots. Je le ressens, je le vis, je le comprends (pas), mais si on me demande de le décrire, j'en suis incapable! Il y a bien l'écriture mais euh... quand je me relis je me demande parfois si j'abuse pas de substances illicites quand j'écris mes articles. :/
J'avais essayé des traitements homéopathiques à une époque. Inutiles évidemment. Depuis, j'ai laissé tombé et vécu avec. Faudrait que je regarde effectivement un truc comme l'Euphytose...
Depuis cet article, y'a des trucs qui se sont améliorés. Par exemple, j'ai repris mes belles habitudes de ne me souvenir que de très brèves éléments de mes rêves, en tout cas quand je m'en souviens. Et même, je finis en général par oublier mes bribes de cauchemars au cours de la journée.
Mon premier geste du matin n'est plus non plus de constater que j'ai les joues mouillées, ce qui est une bonne chose.
Le côté négatif, c'est que ces rêves sont toujours aussi pessimistes et d'une telle clarté qu'ils paraissent réels. J'ai constaté depuis quelques temps qu'il m'arrive de plus en plus de penser à des trucs dont je suis incapable de savoir s'ils se sont réellement passés ou si ce n'est que le fruit de mon imagination. Et je vous assure que ça fait flipper, de ne plus savoir séparer le rationnel de l'irrationnel.
Peut-être qu'à mon réveil, je devrais noter ce dont je me souviens afin de ne pas l'oublier. Non pas que je veuille forcément m'en souvenir, mais peut-être que cela permettrait de séparer le vécu de l'absurde.
Je crois que je vais attendre un peu, histoire de voir comment ça va évoluer. D'un côté, je me dis que tout doit être lié au fait que j'ai pris des rythmes de sommeil vraiment bizarres et que tout va s'arranger quand je serai sortie de mes pseudo-vacances et que j'aurais retrouvé des activités normales et régulières. Et puis je dors trop je crois, comme je l'avais dit lors de mon premier article. Je vais essayer de me lever plus tôt aussi, même si l'appel de l'oreiller est un long cri plaintif de désespoir.
Mais si ça ne s'arrange pas, je crois qu'il va réellement falloir que je prenne des mesures plus efficaces. J'ai l'impression de devenir folle des fois... Manque plus que les hallucinations, et je suis bonne pour l'internement.
Johann Heinrich Füssli, "Le cauchemar".
(J'en ai encore en stock pour un 3ème article!)
Ca devient une habitude.
Il ne se passe presque plus une nuit sans que je me réveille en sursaut, avec les larmes aux yeux, encore embrumée par le sommeil et par les bribes de rêves qui restent scotchées dans ma mémoire. Comme une enfant réveillée par un cauchemar, sauf que moi je suis grande et je n'ai pas les bras protecteurs de papa-maman pour pleurer et me remettre de mes émotions.
Et je ne me contente pas de me réveiller en pleine nuit, quand vient l'heure de mon lever, je me sens souvent mal. Pas physiquement parlant (sauf si mon chat est d'une humeur massacrante et a décidé de me laisser des traces de sa colère), mais quelque chose en moi hurle. Je ne sais pas trop comment décrire ça, c'est incorporel, immatériel. Le mieux serait se contenter de dire que mon oreiller est mouillé de larmes et que mon premier geste quotidien est de me passer une main sur le visage pour essuyer l'humidité évidente de mes joues.
Le plus étonnant, en fait, c'est que d'une part je me souvienne de mes rêves, alors que je fais tout justement pour que ça n'arrive pas. Je vais me coucher quand je suis vraiment crevée, de manière à ne pas commencer consciemment un quelconque rêve. Aussi pour éviter de penser, ce qui amène à tous les coups des pleurs. Je me souvenais rarement de mes rêves, avant. Avant.
D'autre part, parce que ces rêves sont d'une telle clarté que je n'aurais même pas besoin d'éplucher "L'interprétation des rêves" de Freud pour comprendre leurs significations. Ces rêves (ou plutôt cauchemars, vous l'aurez compris) sont directs, là, tels quels sous mes yeux, et non subtilement cachés sous trois tonnes de symboles. Bien sûrs, ils restent bizarres et totalement déjantés, mais sont d'un tel naturel qu'on s'y croirait presque. Encore un coup à raconter quelque chose qu'on croit avoir vécu mais qui n'a jamais eu lieu...
Et enfin parce que c'est toujours les mêmes sujets qui reviennent, et que tous sont reliés à du négatif. Je pourrais faire des rêves de princesses et de grenouilles, mais non, c'est des beaux gros cauchemars qui se veulent peut être optimistes, mais je trouve franchement moyen cette manière détournée de me faire penser à des trucs auxquels je préfèrerais ne pas songer.
Ca doit être très incompréhensible ce que je dis. Mais je ne peux pas les décrire, parce qu'ils sont assez personnels et que vous n'y comprendrez rien, parce que je ne me souviens pas d'assez d'éléments pour en faire une histoire complète, et parce que honnêtement, on s'en fou. Ce n'est pas non plus le but. Je peux juste vous dire qu'il y a quelques exorcisations outremeriennes, du Monsieur Obsession, de la mélancolie, des mésaventures, du "pfff grmbl, tsss"... et du sombre, beaucoup de sombre. Du perturbant aussi, spirituel mais bien présent.
Là, je commence vraiment à me demander si je ne dois pas consulter un psy. Je les ai en horreur, et je sais que je leur mentirai forcément. D'autre part, je "connais" l'origine mon mal-être (enfin, de ce qui peut être palpable, après je n'explique pas tout) et d'où viennent ces cauchemars. Je serai incapable de les retranscrire par des mots de toute façon. Mais quand même, je me demande si je ne dois pas faire quelque chose pour les exorciser. Serait-il temps de me mettre aux somnifères histoire de passer de bonnes nuits une fois pour toutes? Ca me ronge, encore pire que les pensées conscientes, parce que justement, c'est censé faire travailler son inconscient mais ça n'a rien d'irréfléchi. J'ai comme une impression de devenir folle, de me laisser envahir par l'irrationnel. Si même la nuit je ne peux plus me reposer et gazouiller dans un monde tout beau tout gentil, mes crises de larmes vont monter en flèche, indubitablement. Et je vais finir par ne plus vouloir aller me coucher. Le sommeil, c'est bénéfique, qu'ils disent...
Honnêtement, je ne comprends pas comment ça se fait. Je ne suis pas du genre à me souvenir de mes songes, et de toute façon même comme je m'en souviens, je n'y comprends rien.
Pourquoi, maintenant? Pourquoi, tout court? Qu'est-ce qu'ils signifient, réellement? Est-ce une manière de mettre des images à tout ce qui me trotte dans la tête? Une manière d'exorcisation qui ne me plait pas du tout? Juste provisoire parce que je suis sur les nerfs? Ou parce que je dors trop et que je ne suis plus habituée à la profusion de sommeil?
Pourquoi, merde?
Johann Heinrich Füssli, "Le cauchemar".