C'est bien connu, les résolutions sont faites pour ne pas être tenues. Cela va de soi que je n'échappe pas à la règle, malgré toute ma bonne volonté pour satisfaire les résolutions qu'on m'a fixées. En un jour, à peine une semaine après le Nouvel An, j'ai violé la moitié de ces si beaux apophtegmes. Pleurer, psychoser, et me traiter d'abrutie.
Ca a commencé dimanche soir, alors que je trainais sur Youtube histoire de passer le temps. Mes dernières soirées ayant été chargées, j'avais la flemme de sortir. Du coup, je matais toutes les conneries possibles et inimaginables qui tombaient sous mes yeux.
Dont le dernier clip de la Star Ac.
Ouais, c'est un peu la loose, surtout pour quelqu'un qui a en horreur TF1 et qui n'a jamais suivi ne serait-ce qu'un épisode entier de la Star Ac. Bon, je dois avouer que j'ai bien aimé leur chanson, et j'ai trouvé que c'était une belle interprétation de l'originale. Honte à moi. Par contre, le clip est une merde absolue. On se demande s'ils comprennent leurs paroles, ou s'ils trouvent normal de danser et rire sur un truc triste et glauque.
Mais bon, passons. Là n'est pas le sujet.
En matant ce clip, j'ai constaté avec horreur qu'il y avait un des mecs qui ressemblait à Monsieur Psychose. Même coupe de cheveux, même profil. Moi qui avais pourtant réussi à l'oter de mon crane, voilà qu'il revenait me hanter à nouveau.
Tout ça à cause d'un clip de merde.
Bref. Le lendemain, journée chargée en perspective. A peine le temps de psychoser. Dernier jour avec Alex et la bande de joyeux dingues ; J'ai même annulé une séance de ciné pour en profiter au maximum. Puis vient l'heure des adieux. Grand vide. Je devais rejoindre une autre bande de joyeux dingues pour un ciné... j'en fus incapable. Mes fichues psychoses sont revenues en tête. Monsieur Psychose avec 3 tours d'avance, assurément. Arrivée aux Halles, j'ai fait demi-tour et je suis rentrée. Je me suis direct fichue sous la couette, avec un gros marteau dans la tempe, et à nouveaux des coquards en guise d'yeux.
Toujours cette naïveté des débuts d'année, qui fait croire que l'année sera différente de la précédente, alors que rien ne change. C'est moi qui devrais changer, mais au lieu de ça, je m'enfonce dans mon pathétisme. Je sais que s'apitoyer sur son sort ne résoudra pas les choses, et pourtant, je sais faire que ça.
J'ai mal au crane. Et à l'un de mes bras où se dressent deux belles entailles de règle métallique.
Ressaisis toi, bordel...
>:(
Musique de circonstance (pour faire dans le psycho-dramatique...) (et pourtant...) :
Michael Andrew & Gary Jules - Mad World (BO "Donnie Darco" et
accessoirement aussi la musique de la pub pour le jeu "Gears of war")
De retour du boulot matinal, maman Mona est passée me voir. 13H, affalée dans mon lit dans le noir avec le portable sur les genoux. J'ai grommelé un truc qui ressemblait vaguement à "bonjour". Et elle m'a parlé de mon oncle. Tonton Mona a eu une grave tumeur cérébrale il y a quelques années et a failli y passer. Il lui reste quelques séquelles non négligeables qui l'ont mis en invalidité. Et maman Mona m'a annoncé qu'il avait à nouveau une tumeur à un autre endroit. Rappelons qu'ayant elle-même une tumeur, on comprend aisément que ce genre de sujets ne soit pas franchement joyeux à aborder.
Je l'ai écoutée, en silence, en pianotant sur mon ordi.
- Ca n'a pas l'air d'aller...
Forcément, elle débarquait alors que je venais à peine de me réveiller, après 5 petites heures de sommeil. Les yeux certainement cernés et brillants par mes poussées lacrymales matinales et complètement crevée physiquement et moralement. Et elle me parlait d'un sujet super joyeux, aussi.
- Ca va pas?
Elle insistait. Je n'avais rien dit depuis mon grognement, et je sentais inexorablement de nouvelles larmes poindre sur mes yeux.
- Si, si, ça va comme d'hab...
Sachant qu'elle ne connaît pas ce "comme d'hab", je pouvais me féliciter de n'avoir pas menti.
- C'est le boulot? T'as encore reçu une réponse négative?
Je me sentais craquer. J'ai failli exploser, et lui avouer que j'allais vraiment mal, et que cette histoire de boulot n'était qu'une partie émergée de l'iceberg. Mais j'ai ravalé la boule qui montait dans ma gorge. Elle avait suffisamment de soucis pour elle, autant continuer à feindre d'aller bien. J'étais vraiment à deux doigts de tout lui raconter. Monsieur Psychose, le boulot, l'appart, mon manque d'envies, mon mal être profond, ma dépression, mes pensées suicidaires, ma solitude, ma grande fatigue... Et au dernier moment, j'ai tout refoulé.
- Encore faudrait-il qu'ils se donnent la peine de répondre...
Elle se serait rendue compte que ma voix tremblait, signe d'une prochaine cascade d'eau salée, si je n'avais pas à moitié murmuré ma phrase.
- T'es sûre que ça va? Dis moi ce qui ne vas pas, j'aime pas te voir comme ça...
Cette phrase, je l'ai entendue un million de fois. Mais maman Mona est comme moi. Très fragile, très sensible, très inquiète. Je sais pourtant que je peux compter sur elle, bien plus que sur mon père, mais elle n'a pas la résistance pour tout encaisser. Je la connais, depuis le temps. Je l'ai vue de nombreuses fois en larmes. De nombreuses fois je l'ai vue avec des yeux rougis, de nombreuses fois elle m'a parlé de ses propres psychoses. Et aussi de nombreuses fois je voyais ses yeux s'humidifier à me voir pleurer. Trop fragile, trop sensible, trop inquiète. Quand j'ai des problèmes, d'ailleurs, c'est papa Mona que je vais voir. Et si un jour l'envie me prend de faire savoir ma profonde détresse, c'est lui que j'irai voir. Ce jour n'est pas arrivé et à mon avis n'arrivera jamais, étant donné le peu de communication que nous entretenons tous les deux.
Ils ne connaissent rien de ma vie, et c'est très bien comme ça.
- C'est bon, j'te dis...
Réponse typique. Ca et "J'ai pas envie d'en parler". Je me suis braquée. Elle sait dans ces conditions que ce n'est pas la peine d'insister. De toutes façons, il est l'heure pour elle de retourner bosser.
Silence.
- J'y vais. Bonne journée, ma cocotte.
- A ce soir...
A peine m'a porte s'est fermée, que ça y est, j'ai senti mes joues s'humidifier. Encore une journée qui ne se sera pas passée sans larmes.
Les gens normaux, le matin, ils s'étirent, ils baillent, ils ouvrent les volets et sourient dans le vent. Ils se disent "Chouette, je suis en vie, la journée s'annonce bien". Moi, le matin, j'ouvre un oeil, j'ouvre l'autre, je fixe le plafond en chialant et je me dis "Et encore une...", avec une prière muette au Dieu du sommeil qu'il m'accorde une grâce éternelle.
I find it kinda sad The dreams in which I'm dying Are the best I've ever had.
[Il est temps que je finisse mon article sur la grognasse blonde, c'est bien négatif par ici...]
C'est bientôt l'hiver, saison qui pourrait avoir une explication sur ma chute de moral, si cette dernière n'était pas continuelle quelque soit le temps. Les fêtes de fin d'année approchent, en plus. Ces fêtes, je les hais presque autant que la Saint-Valentin. Je suis pas la seule d'ailleurs, puisque statistiquement parlant, on a plus de chance de se tuer durant les fêtes que les autres jours de l'année (si, si!).
Les repas de famille tous mielleux le jour de Noël, avec un paquet de bouffe qu'on s'empressera de gerber. Le nouvel an encore non planifié qui va probablement se solder par des échecs comme quasiment tous les ans (Merci Dd pour l'année dernière, c'est de loin le meilleur que j'ai passé...). Et cette année, c'est encore pire, puisque je ne sais absolument pas avec qui le passer. Certainement pas avec mes parents ; la plupart de mes amis avec qui je le passais autrefois sont soit à l'étranger, soit en couple (ben tiens...), soit se sont fait inviter ailleurs, soit sont aussi paumés que moi, soit s'organisent au dernier moment ce qui donne des trucs forcément foireux, soit le passent avec leur famille. Je suis pas gâtée. Et comme personne ne m'a encore rien proposé, je sens la cata à plein nez et je vais encore croire que personne ne m'aime, que je vais finir geek et vieille fille avec mes chats (oui, les deux en même temps).
Ce petit interlude fini, c'est aussi bientôt mon anniversaire. Pour la première fois depuis que je suis née, je vois cette date approcher avec une peur panique incontrôlable. Non pasque je me trouve vieille et finie, mais pasque c'est toujours l'heure de faire le point quand on change d'âge. Et je sais que le constat sera totalement négatif (à moins que le Dieu des miracles décide de m'ôter mes psychoses, que le Dieu du bonheur décide de s'occuper de moi et que le Dieu de la déprime s'en aille voir ailleurs si j'y suis). Mes articles peuvent paraître parfois légers. Et mon humour noir totalement foireux est là pour faire passer la pilule. Et quand je me lance dans mes complaintes, rien ne parait vraiment authentique pour une personne lambda qui les lit. Je passe pour la pauvre petite martyre qui veut se faire remarquer, qui se sent victime de de la vie alors qu'il y en a qui sont bien plus malheureux qu'elle.
Pourtant, mon mal-être est vraiment là, présent, bien plus fort que n'importe qui puisse l'imaginer. Quand je dis que je passe mes journées à pleurer et à déprimer, je n'exagère hélas absolument pas. Quand je dis que j'aimerais avoir le courage de me pendre et d'ôter cette souffrance bien palpable, je ne dramatise pas non plus. Quand je dis que j'ai un coeur totalement brisé et que mes psychoses prennent une place trop importante dans ma vie, là encore je ne pousse pas à l'extrême. Le problème étant que je suis incapable d'exprimer cette douleur, d'y mettre des mots, ni même d'en parler. Je ne peux pas m'aider moi même, je le sais, mais j'ai l'impression que personne d'autre ne peut le faire. Je sais juste que tout s'est envenimé d'une manière considérable avec Monsieur Psychose.
Quoiqu'il en soit, je vais avoir 22 ans, je ne me trouve pas vieille, mais paumée, finie et totalement détruite, oui. Je me vois un avenir noir, et rien qui puisse laisser croire une quelconque amélioration.
J'aimerais avoir le courage de tout plaquer. De me barrer, loin, et de me reconstruire. De laisser tous mes soucis à Paris, de me faire un peu oublier. Mais toute seule, je risque de me laisser aller et l'inconnu total risque d'envenimer les choses. Erf... un jour, je serai capable de faire des choix sans me dire que je fais forcément le mauvais...
Sur ces magnifiques complaintes, je m'en vais sécher mes larmes et me mettre de l'anti-cernes (Ce truc est aussi efficace pour les cernes que les yeux rougis... Je sais pas ce que je ferais si ça n'existait pas :/) et trouver de quoi m'occuper avant que le Dieu du sommeil passe me voir, avec cette éternelle question qui me trotte dans la tête : Comment reprendre goût à la vie?